Allocution du Président Jean-Louis Haurie, à l’occasion des 80 ans de l’Udaf33
Pour fêter les 80 ans de l’UDAF de la Gironde, nous sommes aujourd’hui réunis au Musée de la Sécurité Sociale.
Merci à la Caisse Primaire d’assurance Maladie et à ses services qui nous accueillent .
Si nous sommes ici, ce n’est pas un hasard.
La Sécurité Sociale, comme l’Unaf et les UDAF ont été créées par ordonnances du gouvernement provisoire de la République. Elles marquent -au-delà de leurs missions spécifiques- la volonté du Conseil National de la Résistance ”d’associer les représentants des intéressés ” aux objectifs et à la gestion des grandes politiques sociales.
Ainsi, le 3 mars 1945, 7 mois avant les ordonnances d’octobre sont créées les Unions familiales départementales ainsi que leur fédération nationale : l’Unaf.
Cette création résulte du souci de relancer « une politique audacieuse permettant à l’opinion familiale de s’exprimer avec vigueur. Ainsi, pour le législateur, c’est à « grouper ces familles, à rassembler leurs voix éparses en un faisceau d’autant plus riche qu’il sera diversifié, plus spontané » que tendait la présente ordonnance.
Cette ordonnance crée ainsi une Institution tout à fait originale à forme associative unique en Europe où les UDAF sont regroupées dans une Union Nationale : l’Unaf.
Unaf et UDAF sont ainsi dès ce moment-là à :
- Donner leur avis aux pouvoirs publics et à proposer des mesures conformes aux intérêts des familles.
- Représenter officiellement l’ensemble des familles,
- Gérer tout service d’intérêt familial,
- Se porter partie civile devant les juridictions dès lors que les intérêts matériels et moraux des familles sont menacés.
En Gironde, l’UDAF est officiellement créée le 30 juin 1945 et regroupe lors de son assemblée constitutive 14 associations et 2500 familles.
Ainsi dès sa création, le mouvement familial est il marqué par la diversité de ses origines, des convictions, des objectifs et des formes d’intervention des associations familiales qui la composent.
C’est ce que souligne aujourd’hui encore Madame la Ministre de la Santé, de la Solidarité et des Familles qui note « combien cette diversité est une richesse rare et précieuse dans le paysage associatif ”…”qui permet de trouver des réponses plurielles aux besoins et aux aspirations portés collectivement ”.
Aujourd’hui, l’UDAF de la Gironde, c’est plus de 8000 familles et 66 associations adhérentes. D’autres sont associées… 140 salariés travaillent notamment dans les services de protection créés depuis le service de tutelle aux prestations familiales initié dès 1950. Mais ce sont aussi de nouveaux services qui ont évolué au fil du temps et des réalités et des besoins des familles.
Ainsi les services créés un lendemain de la guerre tels la distribution de gaz butane ou des cartes de priorité ont-ils disparu, d’autres se sont créés ou d’autres activités ont évolué en fonction de nouveaux besoins sociaux ou familiaux. ..
À l’écoute des familles et de leurs réalités, l’Udaf cherche aujourd’hui en partenariat avec d’autres associations et le soutien de ses partenaires à innover pour répondre à de nouveaux besoins : point rencontre à Langon, point conseil budgétaire avec les associations familiales laïques, maison d’assistantes maternelles inclusive avec la Tendresse en Pyjama, garderie solidaire et répit parental à Bordeaux avec les apprentis d’Auteuil. D’autres projets sont à l’étude avec d’autres associations en gardant pour fil conducteur nos principes d’action et notamment « Agir ensemble » et innover au service des familles.
L’Udaf et les associations familiales adhérentes tirent leur légitimité de leur diversité et de la diversité des familles et des situations familiales qui leur permet de porter les réalités vécues par les familles et de s’en faire le relais auprès des pouvoirs publics pour faire évoluer les politiques familiales au plan local, régional ou national.
Nous le faisons avec l’intime conviction que les familles ne doivent pas être considérées seulement comme un objet d’études sociologiques ou comme un problème à gérer mais au contraire comme un acteur central et déterminant de la transmission, de l’éducation et du lien social qu’il convient de conforter, d’accompagner dans le cadre d’une politique familiale stable et durable.
Il est regrettable de constater que la France qui avait une des politiques familiales les plus ambitieuses d’Europe a vu celle-ci se déliter au cours des 10 dernières années.
On retrouve aujourd’hui la famille au cœur des préoccupations des pouvoirs publics que ce soit par la mise en tension des parents lorsque émergent de nouveaux problèmes sociaux ou que le constat de la baisse brutale de la natalité contraigne à envisager un plan de réarmement démographique…
Or les familles ne peuvent pleinement jouer leur rôle qu’à la condition qu’elles soient durablement soutenues et accompagnées, qu’on leur donne les moyens pour exister pleinement, qu’elles soient regardées comme une ressource et non comme un problème , qu’elles participent pleinement à la définition des politiques familiales et aux services qui leur sont rendus.
Ainsi, il est paradoxal de constater que la participation des usagers est désormais une réalité dans tous les établissements sanitaires et sociaux ou à l’école mais que l’implication des parents ne soit pas systématique dans les établissements d’accueil de la petite enfance…
Les associations familiales et l’udaf sont la force des familles !
Que seraient les politiques familiales et sociales sans l’implication des associations dans la résolution au plus près du terrain des problèmes sociaux et familiaux qu’elles contribuent à repérer, à traiter ou à gérer.
Des centaines de bénévoles œuvrent dans nos associations ne comptant ni leur temps ni leur énergie pour participer aux activités, gérer le quotidien ou représenter les familles dans plus de 250 organismes ou institutions. Qu’ils en soient ici remerciés !
Mais, malgré le soutien de nos partenaires, l’État, le Département ou la CAF eux-mêmes soumis aux tensions liées aux déficits publics, cet engagement est aujourd’hui menacé par les tensions financières ou les lourdeurs de l’action publique.
Quelle organisation pourrait fonctionner en ne connaissant ses moyens budgétaires qu’au cours du deuxième semestre et en ne recevant le solde de ses financements résiduels qu’au mois de juin de l’année suivante ?
Le fonctionnement associatif, s’il repose sur des salariés engagés et professionnels repose aussi et surtout sur des militants (en l’occurrence familiaux) qu’il convient -comme les familles- de soutenir et d’encourager surtout après la crise du Covid et la montée de l’individualisme qui s’est amplifiée…
L’UDAF de la Gironde prend avec son projet associatif sa part dans la nécessaire solidarité inter-associative pour le soutien aux familles de Gironde. Elle le fait en faisant vivre les valeurs de solidarité et de pluralisme, les principes de l’agir ensemble et de manière socialement responsable.
Innover pour les familles, Développer le pouvoir d’agir pour les associations familiales et les familles de Gironde, conforter notre dynamique inter-associative, tels sont les principaux axes sur lesquels l’Udaf de la Gironde appuiera son action pour les prochaines années.
Après 80 ans d’action sociale et familiale, nous ferons vivre ensemble notre nouvelle devise :
LES FAMILLES SONT NOTRE FORCE. NOUS SOMMES LA FORCE DES FAMILLES