Séminaire projet associatif – Discours de Monsieur Jean-Louis Haurie, Président

« Le jeudi 2 avril 2026, l’Udaf de la Gironde a réuni collaborateurs et administrateurs à l’occasion du séminaire du projet associatif 2025-2029. Jean-Louis Haurie, Président, a ouvert la journée par une allocution forte. Retrouvez son discours.

« Nous avons fêté, il y a peu de temps, les 80 ans de l’Udaf de la Gironde.

Être dans une Udaf, c’est être dans une institution très particulière.

Une institution qu’ont fondé les ordonnances de 1945, à un moment où le gouvernement provisoire de la République, qui instaurait diverses institutions de démocratie sociale, souhaitait faire une place particulière aux familles et à leurs associations. Associations dont il voulait à la fois qu’elles le représente auprès des pouvoirs publics, mais aussi qu’elles puissent gérer un certain nombre de services et d’actions, au-delà de la mission de défense des familles qui leur a été assignée.

Aujourd’hui, le rôle des associations est doublement menacé.

Il l’est parce que les pouvoirs publics n’accordent plus le même intérêt ou la même valeur à la démocratie sociale et à leurs représentants.

Il est aussi menacé par les tensions qui existent sur les financements publics, qu’il s’agisse des financements de l’État ou des collectivités territoriales.

Et nous le vivons chaque jour.

Dans un contexte où, aujourd’hui, les problèmes sociaux réémergent, où le rôle dévolu aux familles dans l’éducation des enfants, dans la construction du lien social et de la citoyenneté est de plus en plus important, dans ce contexte donc, pour autant, notre rôle est, et doit être de plus en plus important.

On est un des acteurs majeurs de la solidarité de proximité et il nous faut absolument valoriser notre action et redéfinir notre projet.

C’est ce que nous avons fait en renouvelant et revisitant le projet associatif de l’Udaf de la Gironde. Ce projet associatif porte plusieurs exigences.

La première, c’est de retrouver et de faire vivre notre engagement collectif, de faire vivre notre identité commune. L’identité commune à toutes les associations qui composent l’Udaf, mais aussi à ses diverses composantes, que ce soit la gouvernance, le conseil d’administration, les services et les salariés qui agissent dans l’Udaf.

Cet engagement collectif passe en particulier par l’affirmation et la redéfinition des valeurs qui sont les nôtres.

Outre l’ancrage dans la solidarité que j’évoquais, notre raison d’être trouve son essence dans la solidarité, qu’il s’agisse de la solidarité nationale, la solidarité familiale ou la solidarité inter-associative. C’est donc cette solidarité qui nous anime et qui fait que nous avons envisagé de traiter avec bienveillance les sujets qui nous préoccupent, nos usagers, notre mode de fonctionnement associatif.

Le mot bienveillance n’est pas choisi par hasard, c’est à la fois regarder les problèmes qui sont les nôtres, mais les regarder avec la volonté de faire en sorte que, collectivement, nous renforcions nos interlocuteurs, renforcions nos usagers, leur donnions le pouvoir d’agir que nous souhaitons qu’ils aient et qu’aient aussi nos partenaires ou nos interlocuteurs. D’ailleurs, ça devra se traduire dans l’action au quotidien par le renforcement de la participation des usagers, telle que d’ailleurs l’a envisagé l’évaluation qui vient de nous être rendue.

L’autre axe, l’autre valeur fondamentale qui a émergé, c’est la notion de confiance. Confiance dans l’autre, confiance en nous-mêmes, confiance que les pouvoirs publics doivent nous donner, c’est la garantie de la pérennité de l’association, mais confiance aussi que nous font nos usagers. Cette confiance, elle repose en bonne partie sur la qualité du service que nous rendons.

De ce point de vue, l’évaluation que nous venons d’avoir montre la qualité du service que nous rendons, mais la nécessité aussi de l’améliorer, cette qualité de service.

Et là, ça passe nécessairement par les projets de service que vous allez et que vous êtes en train d’élaborer au-delà de la qualité du service que rendent vos métiers.

Face aux défis que j’évoquais deux principes doivent nous animer.

Le premier, c’est le principe de l’agir ensemble.

Agir ensemble avec nos partenaires, agir ensemble avec les associations adhérentes, agir ensemble avec l’ensemble des forces vives, l’ensemble des salariés de l’Udaf et aussi l’ensemble des membres du conseil d’administration. C’est ce principe d’agir ensemble qui aussi fera vivre la dimension solidaire de notre association.

Et puis, 2e principe, dans un monde où les ressources, et pas simplement les ressources financières où la totalité des ressources deviennent rares, il nous faut avoir une logique de fonctionnement responsable et en ce sens, toute notre action doit être inscrite dans une logique de responsabilité sociétale des organisations.

À savoir que nous sommes responsables, bien sûr, financièrement et économiquement, mais aussi nous sommes responsables des impacts de notre action sur l’environnement, des impacts de notre action sur la société, sur nos salariés, sur les diverses composantes de l’Udaf, et nous devons fonctionner de façon éthique.

En respectant la loi, en respectant les missions qui nous sont confiées, en exerçant pleinement nos métiers, cette logique de fonctionnement socialement responsable est quelque chose qui maintenant devra être au cœur de nos projets et de notre façon d’être.

Il nous faut, au point où nous en sommes, à la fois consolider nos acquis, mieux répondre aux besoins des familles, mais aussi savoir ouvrir de nouveaux chantiers, de nouvelles perspectives, et notamment en matière de services à rendre aux familles, ou de travaux à faire avec nos associations. Les 75 associations adhérentes ou associées, avec lesquelles nous devons plus et mieux travailler.

Bref, vous allez aujourd’hui prendre un peu mieux connaissance du projet associatif.

Vous allez vous interroger pour savoir en quoi ce projet associatif, les valeurs qu’il porte, les axes qu’il défend, traversent votre activité, notamment au travers des projets de services que vous allez élaborer.

Je vous souhaite à tous une bonne journée de travail, riche, fructueuse, conviviale. »