Témoignage de Joël
Pour vous, c’est quoi la famille ?
C’est une organisation humaine naturelle qui, avant même d’avoir été codifiée par le législateur, sollicite et favorise des relations entre des géniteurs et leurs enfants. Ces relations, interpersonnelles et intergénérationnelles, sont par nature complexes et c’est de leur solidité, de leur pérennité, de leur plus ou moins grande sérénité que se construit la famille qui embrasse des liens affectifs et légaux en plus ou moins grand nombre selon sa dimension.
Aujourd’hui, « le sens de la famille » ne dicte plus les mêmes attachements ni les mêmes engagements ce qui laisse, à d’autres structures périphériques, des champs d’influences et d’interventions. Ces champs peuvent être aujourd’hui, en contradiction sinon en opposition aux valeurs fondatrices qui ont pu forger la ‘tribue’ devenue, au fil des siècles et des cultures, la famille.
Quel qu’en soit devenu le périmètre et l’image, la famille reste la structure humaine sur laquelle nos associations doivent porter leur attention et leurs actions.
Quels sens donnez-vous au bénévolat ?
Plusieurs sens complémentaires et de niveaux différents qui, associés les uns aux autres, en face de situations toujours différentes, doivent porter ceux qui s’engagent dans le bénévolat pendant la durée de leur engagement.
Le « sens de la mission » sans lequel les obstacles quotidiens, quelle qu’en soit la nature, deviennent des freins et des contraintes qui contrarient, irritent et épuisent. La « mission » vient du fond de soi, elle engendre l’énergie nécessaire et contribue aux résultats.
Le « sens du collectif » sans lequel rien de durable ni de grand ne peut advenir. Seul, même plein de (bonne) volonté, on ne peut être vraiment efficient tant il faut réunir de compétences diverses et de responsabilités croisées entre les partenaires nationaux, régionaux, départementaux, municipaux … qui seuls sont habilités à traiter de certains dossiers.
Le « sens de l’humilité » pour accepter de n’être pas chargé de changer le monde mais seulement d’être chargé d’aider celles et ceux que nous accompagnons sur leur chemin et au rythme qui est le leur.
Pour accepter aussi, modestement, que nous sommes un maillon utile voire nécessaire dans une chaîne de Solidarité.
Le « sens des autres » pour accepter chacune des différences qui nous distinguent les uns des autres, tenter de les comprendre, de les respecter et de composer avec. N’essayons pas d’être eux, restons nous avec nos forces et nos faiblesses, nous n’en seront que plus vrais et donc plus crédibles.
Quelle satisfaction retirez-vous de votre engagement ?
La question étant posée au singulier, la réponse sera sélective. Ma première satisfaction est d’avoir contribué à créer, en profitant de mes facilités à mobiliser, susciter, encourager, communiquer, une structure, reconnue sur son territoire qui accueille, écoute, accompagne et valorise les personnes seules et les familles en grande précarité. La plus grande satisfaction m’est donnée quand elles expriment l’idée qu’à leur tour elles pourraient avoir envie de devenir bénévoles.